titre rhinoceros

RHINOCÉROS D’AFRIQUE

Rhinocéros

Rhinocerotidae

Rhinocéros blanc

Ceratotherium simum

Rhinocéros noir

Diceros bicornis

Maj Septembre 2017

CLASSIFICATION

  • Règne
  • Sous-embr.
  • Classe
  • Sous-classe
  • Infra-classe
  • Ordre
  • Sous-ordre
  • Famille
  • Espèce
  • Animalia
  • Vertebrata
  • Mammalia
  • Theria
  • Placentalia
  • Perissodactyla
  • Laurasiatheria
  • Rhinocerotidae
  • Altongulés

disque Rhniceros

rhinoceros info

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RHINOCEROS

Espérance de vie : 45 ans

Mesure : Rhino Blanc : 3,40 m à 4,20 m

Rhino Noir : 3 m à 3,50 m

Poids :   Rhino Blanc : 1 400 à 3 600 kg

Rhino Noir : 800 à 1 800 kg

Territoires des Rhinoceros

Carte – Rhinocéros Noir

carte rhino noir

Carte – Rhinocéros Blanc

carte rhino blanc

Le Rhinocero

Rhinocerotidae
découvert par :Gray, 1821

Les Rhinocéros sont des Mammifères -Ongulés (Altongulés)-Périssodactyles. On considèrera ici le groupe des Rhinocéros au sens large, c’est-à-dire la superfamille des Rhinocérotoïdés, dont seules cinq espèces existent encore de nos jours, dans les régions chaudes de l’Afrique et de l’Asie. Ce sont de puissants animaux, à peau très épaisse, formant chez quelques espèces de vastes boucliers indurés répartis sur le corps et la racine des membres.

Les rhinocéros sont des herbivores appartenant à la famille des Rhinocerotidae, ordre des périssodactyles. Toutes les espèces de rhinocéros sont actuellement menacées de disparition.

Le rhinocéros fait localement l’objet d’une protection et de projets de réintroduction. Ils sont très utiles pour fertiliser le sol. Ils peuvent mesurer 4 m de longueur pour 1,50 m à 2 m de hauteur au garrot, et une masse pouvant avoisiner les 3 tonnes. Ce sont les plus gros mammifères terrestres actuels après l’éléphant. Les rhinocéros sont du même ordre que les chevaux et les tapirs, et non celui des éléphants. Leurs cris sont un barrissement, un grognement, un halètement. Le mot rhinocéros vient du grec rhinos, nez, et keras, corne, car il porte une ou deux cornes sur le nez, et non sur le front comme les autres mammifères cornus. On décrit quatre genres et cinq espèces encore en vie :

Rhinocéros blanc

Ceratotherium simum

2 cornes

Longeur : 4 m

Hauteur : 1,80 m

Poids : 1400 à 3500 kg

Chiffres Rhinoceros Blanc

POIDSFemelle 1400 à 1700 Kg
Mâme 2000 à 3600 Kg
REPRODUCTIONDurée de gestation: 16 – 18 Mois
Poids de naissance: 40-65 Kg
Intervalle entre mise bas: 2,5 à 4 ans
CYCLE DE VIESevrage: à 1 an
Maturité sexuelle:
– Mâle 8-10 ans
– Femelle 5-7 ans
STRUCTURE SOCIALESolitaire, mais avec de libres associations, relativement de courte durée. Mâle dominants territoriaux
PREDATEURSLIONS, HYÈNES pour les animaux âgé, malades, et les jeunes et l’Homme
HABITATLa savane herbeuse
RÉGIME ALIMENTAIREPaisseur. Graminées
DENTITIONI 0/0
C 0/0
PM 3/3
M 3/3
soit 24 dents avec des incisives inférieurs chez les jeunes

Rhinocéros noir

Diceros bicornis

2 cornes

Longeur : 3,5 m

Hauteur : 1,60 m

Poids : 800 à 1500 kg

Chiffres Rhinocéros Noir

POIDSFemelle 600 à 1200 Kg
Mâme 850 à 1500 Kg
REPRODUCTIONDurée de gestation: 15-16 Mois
Poids de naissance: 30-50 Kg
Intervalle entre mise bas: 2-5 ans
CYCLE DE VIESevrage: à 1 an
Maturité sexuelle:
– Mâle 7 à 9 ans
– Femelle 4 à 6 ans
STRUCTURE SOCIALEPeu grégaire. Les associations (femelles, subadultes) sont plus rares que chez le rhinocéros blanc
PREDATEURSLIONS, HYÈNES pour les animaux âgé, malades, et les jeunes et l’Homme
HABITATLa savane arbustive
RÉGIME ALIMENTAIREBrouteur. Rameaux, Plante grimpante
DENTITIONI 0/0
C 0/0
PM 3-4/3-4
M 3/3
soit de 24 à 28 dents, des incisives peuvent exister chez les jeunes, mais tombent très tôt.

Description

La principale caractéristique visible des rhinocéros est la corne sur leur nez. Selon l’espèce il y en a une ou deux. Chez les rhinocéros fossiles, on trouve aussi des espèces dépourvues de corne. La corne avant pousse sur l’os nasal, la corne arrière (quand elle existe) sur l’avant du crâne. Malgré leur dureté, les cornes ne se composent pas d’une substance osseuse. Techniquement ce n’est pas une corne, c’est une protubérance de la peau composée de kératine agglutinée, une protéine fibrillaire comme nos cheveux et nos ongles. Les vraies cornes (vaches, buffles) poussent à partir du crâne. La corne du rhinocéros pousse environ de 7 cm par an. Elle repousse comme l’ongle. La plus grande corne connue mesurait 1,58 m.

Le nom de cet animal en langue indienne est relié à la mythologie de la Licorne (uni corne). Dressée vers le ciel, la corne est une grande protection et un symbole de puissance.

Dans certaines cultures de l’Asie orientale, les rhinocéros sont tués uniquement pour leurs cornes car elles sont utilisées pour faire des sculptures, des coupes libatoires notamment. Les supposés effets thérapeutiques et aphrodisiaques attribués à la corne broyée et la mode des poignards en corne de rhinocéros dans les classes supérieures du Yémen, comme marque de standing et symbole de virilité, ont favorisé leur trafic sur le marché noir et le braconnage d’espèces pourtant en voie de disparition. Des tests faits en laboratoire n’ont trouvé aucune des propriétés prétendues : « Médicalement c’est comme se ronger les ongles » RAJ AMIN (Société Zoologique de Londres).

On distingue la corne de rhinocéros des autres cornes grâce à l’existence de poils sur la corne, d’un intérieur qui est plein contrairement à l’ivoire qui est creux. Les cornes de rhinocéros possèdent une couleur généralement sombre qui peut virer au marron clair selon les cornes. À sa base cette crête est rugueuse au toucher.

Les rhinocéros ont un corps massif et des jambes grosses et courtes. Leurs pattes ressemblent à celles du tapir mais chaque pied a trois doigts se terminant chacun par un gros ongle comme 3 sabots miniatures, d’où l’empreinte caractéristique en feuille de trèfle. La peau est épaisse et de couleur grise ou brune. La peau du rhinocéros est douce près de sa bouche.

Chez les espèces asiatiques, la peau au début du cou et des jambes est si plissée qu’elle donne l’impression d’un blindage.

Les rhinocéros ont une faible capacité visuelle mais un odorat développé et une très bonne audition.

Malgré leur apparence, les rhinocéros sont dotés d’une musculature impressionnante qui leur permet de courir très vite si nécessaire mais sur une courte distance, jusqu’à 50 km/h pour les plus rapides. Très agiles, ils peuvent aussi faire volte-face en pleine course.

Les mâles ne possèdent pas de scrotum : les testicules se trouvent à l’intérieur du corps.

En 1800, il y avait 1 000 000 de rhinocéros dans la nature. En 2005, il ne restait plus que 18 000 rhinocéros dans la nature et 1159 en captivité.

En 2016, leur population est estimée à 29 500, 70 % vivant en Afrique du Sud

Chiffres d’une femelle Rhinocéros Noir gestante retrouvée morte en 1963

MASSE MUSCULAIRE361,50 Kg
TISSU CONJONCTIF16,30 Kg
SQUELETTE (inclus cornes et cerveau)108,70 Kg
PEAU (inclus soles plantaires et les oreilles)134,00 Kg
TUBE DIGESTIF31,00 Kg
COEUR5,90 Kg
POUMONS3,10 Kg
RATE3,10 Kg
FOIE14,50 Kg
UTERUS ET LIQUIDE AMNIOTIQUE17,70 Kg
FOETUS4,50 Kg
SANG ET LIQUIDE BIOLOGIQUE34,00 Kg
POIDS TOTAL868,80 Kg

Le Rhinocéros blanc ou Rhinocéros camus

(Ceratotherium simus), ainsi nommé parce que sa lèvre supérieure est courte et ne s’avance pas en se rabattant au-dessus de l’inférieure, a failli complètement disparaître (et on l’a même cru complètement éteint à la fin du XIXe siècle). On l’a nommé aussi Rhinocéros de Burchell, Rhinocéros d’Oswell, du nom des voyageurs qui l’ont observé, et les anglophones l’appellent Rhinocéros à bouche carrée. Le nom de Rhinocéros blanc, qui provient d’une méprise, n’est pas exact, car sa couleur est d’un gris ardoisé qui diffère fort peu de celle de l’espèce ordinaire (Diceros bicornis). C’est le plus grand de tous les Rhinocéros actuels. La conformation de son crâne et de sa mâchoire inférieure, qui a pour conséquence la brièveté et la forme carrée du museau, le distingue de toutes les autres espèces. La forme de la bouche est en rapport avec le régime : il se nourrit exclusivement d’herbages qu’il broute à la façon du Cheval et, par suite, il habite les plaines découvertes et les vallées herbeuses parsemées de buissons. Sa placidité et ces habitudes ont singulièrement facilité sa quasi-extinction en l’exposant plus que l’autre espèce africaine aux poursuites des chasseurs avides de se procurer ses dépouilles. Sa corne antérieure atteint parfois près de 4 m de long. Cette espèce habite l’Afrique

Le Rhinocéros noir ou Rhinocéros bicorne

(Diceros bicornis) est l’espèce que l’on rencontre le plus couramment en Afrique à l’époque actuelle, bien qu’il ait lui aussi fort diminué, comme le précédent, en raison de la chasse acharnée qu’on lui a faite. Sa lèvre supérieure est pointue et préhensile, et la forme de son crâne et de sa mâchoire inférieure, à symphyse étroite et comprimée, le sépare de l’espèce précédente. Ses molaires ressemblent à celles du Rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus); l’oreille est arrondie et frangée de poils assez courts, et les narines sont arrondies, deux caractères qui le distinguent du Rhinocéros blanc (Ceratotherium simus). Le mâle adulte a 1,66 m au garrot et 3,40 m de long; la femelle est un peu plus grande. La longueur des cornes est très variable : dans la variété que l’on a décrite comme espèce distincte sous le nom de keitloa, elles sont aussi longues l’une que l’autre, mais ordinairement la postérieure est beaucoup plus courte et dépasse rarement 25 à 45 centimètres, tandis que la corne nasale, ou antérieure, peut atteindre 75 centimètres. Elles sont généralement usées chez les vieux individus et plus courtes chez les femelles. Cette espèce habite toute l’Afrique orientale, centrale et méridionale, de l’Ethiopie

Biologie et comportement

Les rhinocéros vivent normalement en solitaires mais, dans la savane, on peut parfois voir de petits troupeaux. Leur communication est essentiellement olfactive.

La boue est la plus grande protection des rhinocéros, et non leur carapace visuelle. La boue est essentielle pour les rafraichir, les protéger des insectes, adoucir et protéger leur peau du soleil. Dans la journée les rhinocéros dorment, ils sont surtout actifs au crépuscule et la nuit. Exclusivement herbivores, ils sont essentiellement phyllophages.

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Regime alimentaire

Les rhinocéros adaptent leur régime alimentaire en fonction du milieu : le rhinocéros noir, dont la lèvre supérieure est préhensile, se nourrit de feuilles d’acacias ou autres broussailles épineuses ; le rhinocéros blanc, à la bouche large et aux lèvres carrées, broute l’herbe ; les rhinocéros asiatiques sont plus éclectiques et consomment toute végétation à leur portée (branchages, bourgeons, graminées). Ces méga-herbivores digèrent les végétaux par une fermentation qui a lieu dans le colon. Contrairement aux ruminants, ils sont monogastriques ; aussi les rhinocéros adultes qui pèsent plus d’une tonne doivent consommer 50 kg de végétaux par jour, jusqu’à 100 kg parfois21.

La peau épaisse sert de carapace lors des combats qui s’établissent pour la dominance. La peau des rhinocéros indiens formée de plaques a de grands plis richement vascularisés qui augmentent la surface d’échange et favorisent la régulation thermique transférant la chaleur aux plaques de peau les plus larges qui agissent comme des refroidisseurs.

Ces animaux évitent les hommes et chargent lorsqu’ils se sentent menacés, essentiellement pour protéger les jeunes rhinocéros. Très rares, ces attaques peuvent parfois occasionner de graves blessures en raison de la puissance de l’animal et du danger que représente leur corne.

Des rhinocéros sont souvent accompagnés par des oiseaux pique-bœufs ou mainates qui se perchent sur leur peau et les nettoient des parasites ou hérons garde-bœufs qui chassent les insectes dérangés au sol par le passage de l’animal. Dans des cas assez rares, les jeunes rhinocéros peuvent être une proie d’opportunité pour de grands félins comme le lion. En revanche, les rhinocéros adultes n’ont aucun ennemi si ce n’est l’homme.

La plupart du temps le rhinocéros menace son adversaire mais ne le combat pas réellement.

la Corne de Rhinoceros

Croyance autour de la corne

Corne de rhinocéros, broyée, certains lui attribuent des vertus aphrodisiaques.

La corne

Chez les rhinocéros, la corne nasale n’est pas une structure homologue aux cornes des autres mammifères. Ces cornes existent chez les deux sexes. Elles sont constituées de l’agglomération de longues fibres de kératine dans une gangue de kératine amorphe

Rhino_skull_CT-hornLeur comportement sexuel les a beaucoup desservis. En effet, contrairement à un grand nombre d’espèces, l’accouplement peut durer plus d’une demi-heure. C’est sans doute pourquoi certains attribuent, sans fondement, des effets thérapeutiques et aphrodisiaques à la corne de rhinocéros broyée, alors que celle-ci est constituée principalement de kératine, une substance banale retrouvée dans les ongles, les cheveux et les sabots.

De tous temps, tenue pour aphrodisiaque par les Chinois et les Japonais qui la prennent en infusion, la corne de rhinocéros n’a aucune vertu médicinale mais, à cause de cette croyance, beaucoup de rhinocéros sont tués. En Chine, le kilogramme de poudre de corne de rhinocéros se vend 50 000 USD24. Entre 1980 et 1984, le nombre des rhinocéros noirs, autrefois très répandus, a diminué de moitié, probablement à cause de leurs cornes. En 1970, il y avait 70 000 rhinocéros noirs en Afrique, 15 000 en 1981 et seulement 4 200 en 2011, principalement en Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe et Kenya. Mais la population progresse enfin et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère l’espèce comme sauvée. Le rhinocéros blanc se porte mieux avec 18 000 individus, dans le sud de l’Afrique. Pour réduire la chasse, la International Rhino Foundation a mis en place des patrouilles antibraconnage. En 2008, 83 rhinocéros noirs ont été braconnés rien qu’en Afrique du Sud. En 2011, ce chiffre est de 448. En 2012, 668. Elle a aussi entrepris de déplacer des animaux vers des zones très surveillées au Kenya (Parc national de Tsavo East) et au Zimbabwe (à Hwange et à Lemco).

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Plus chère que la cocaïne: la poudre de corne de rhinocéros a atteint en 2011 des prix frôlant les 70.000 euros le kilo. Et les cornes se négocient entre 25.000 et 200.000 euros selon leur taille, d’après l’organisation policière européenne Europol. De quoi aiguiser les convoitises des trafiquants, qui s’attaquent aux musées pour revendre la poudre de corne, aux vertus soi-disant aphrodisiaques, sur le marché asiatique. Alors que les pays africains tentent de lutter contre la recrudescence du braconnage, qui tue des centaines de rhinocéros par an, les musées et zoos européens tentent de se protéger des voleurs de cornes.

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Les espèces disparues

Les rhinocéros d’Asie sont apparentés entre eux et se seraient séparés il y a environ 26 millions d’années des rhinocéros d’Afrique.

Afrique : Les deux genres africains, le rhinocéros blanc (Ceratotherium simum) et le rhinocéros noir (Diceros bicornis), se sont séparés l’un de l’autre il y a environ 5 millions d’années.

Ils se distinguent l’un de l’autre, entre autres, par leur façon de s’alimenter. Tandis que le rhinocéros blanc broute les herbes, le rhinocéros noir se nourrit de feuilles et de branchages. Il a besoin d’une végétation dense alors que le rhinocéros blanc vit dans la savane ouverte. Il est capable de tirer dans sa gueule l’extrémité des branches grâce à sa lèvre supérieure qui pointe en avant.

Les petits rhinocéros blancs marchent devant leur mère, alors que les petits rhinocéros noirs marchent derrière leur mère. On dit, en Afrique, qu’ils font comme les femmes blanches qui poussent leurs enfants devant elles dans une poussette et les femmes noires qui portent les leurs dans le dos.

En réalité, les rhinocéros blanc et noir sont tous les deux…gris ! L’appellation vient en fait d’une vieille erreur de traduction de l’Afrikaans « wijde » (« large » pour rhinocéros à bouche large, qui broute de l’herbe). Lorsque les Anglais colonisèrent l’Afrique australe, ils traduisirent le « wijde » en « white » (« blanc »). L’allemand a préservé la traduction correcte.

Teleoceras du Miocène.

  • Rhinocerotoidea
    • Amynodontidae (éteint)
    • Rhinocerotida
    • Hyracodontidae (éteint)
    • Rhinocerotidae
    • Elasmotheriinae (éteint)
    • Rhinocerotinae
    • Aceratheriini (éteint)
    • N.N.
      • Dicerorhinini
      • Rhinocerotini
    • Dicerotini

À l’ère préhistorique, les rhinocéros avaient pour la plupart une toute autre apparence que ceux vivant de nos jours.

Pendant l’oligocène, par exemple, vivaient les rhinocéros géants comme Hyracodontidae et Paraceratherium. Ils étaient les plus grands mammifères terrestres connus de tous les temps. Leur particularité par rapport aux rhinocéros actuels était qu’ils avaient un long cou et étaient dépourvus de corne.

Les premiers parents connus des rhinocéros sont des fossiles de l’Éocène supérieur. Ces Amynodontidae étaient déjà aussi grands que les rhinocéros actuels, mais n’avaient pas de corne et se nourrissaient probablement de plantes aquatiques.

Les véritables rhinocéros se sont séparés en 2 lignées bien distinctes. Les Elasmotheriinae dont le genre le plus connu était Elasmotherium qui vivait encore lors de la dernière période glaciaire. Il se reconnaissait par son énorme corne longue de 2 m. La deuxième lignée était représentée par les Rhinocerotinae composés elle de 3 genres distincts. Les hommes préhistoriques de l’ouest européen ont côtoyé 4 espèces de rhinocéros qui avaient survécu à trois difficiles glaciations, mais qu’ils ont sans doute contribué à faire disparaitre.

Le rhinocéros laineux de l’ère glaciaire est rangé parmi les Dicerorhinini, il est donc apparenté au rhinocéros de Sumatra.

La reproduction

Reproduction du Rhinocéros

Maturation sexuelle : La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de 5 ans.
Saison des amours : Les accouplements peuvent avoir lieu toute l’année.

Ils sont à la fois polygines et polyandres : mâles et femelles ont plusieurs partenaires.

Si une femelle est en chaleur, les mâles peuvent en venir à se battre. Le vainqueur fait sa cour à la femelle de façon curieuse : il marque son territoire avec son urine et ses déjections, faisant tourner sa queue à la manière d’un ventilateur pour épandre sur une plus grande surface ; en outre, les deux partenaires se pourchassent et se battent l’un contre l’autre avant l’accouplement.

Les rhinocéros ne sont pas de grands romantiques. À la saison des amours, le mâle grogne et charge tout en déféquant et en envoyant des jets d’urine.
Cette cour bruyante et malodorante semble pourtant au bout d’un moment amadouer la future mariée.

Le couple reste ensemble pendant quelques jours puis le mâle repart.

La naissance

Après une gestation de 15 à 18 mois naît un petit qui peut rester deux ans et demi avec la mère. Il suit sa mère comme son ombre. Celle-ci est alors spécialement agressive pour défendre son bébé même contre les membres de son espèce. L’allaitement dure 1 an minimum. 8 ans est l’âge adulte d’un jeune rhinocéros. La mère repousse son enfant à la naissance du suivant. La femelle peut avoir 10 bébés au cours de ses 45 ans de vie minimum.

Et oui le rhinocéros est déjà bien portant pour un bébé. Il peut peser à sa naissance jusqu’à 50kg. C’est un des animaux les plus gros.

Dans le ventre de sa Maman : 16 mois
Poids à la naissance : entre 30 et 50 kg
Taille à la naissance : 50 cm
Habitat : Afrique et Asie
Durée de vie : 40 à 50 ans

Les menaces

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Reconstitution 3D en animation sur l’explication et le procès des braconniers.

Attention ! Image pouvant heurter la sensibilité du jeune public

Rhinocéros laissé mourant par des braconniers

Dans le seul parc sud-africain Kruger, les braconniers tuent deux ou trois rhinocéros par jour. Menace supplémentaire : des hommes d’affaires se battent en justice pour légaliser le commerce de corne.

Il y a cinq heures de route entre le parc national Kruger, en Afrique du Sud, là où vit la plus grande population de rhinocéros sauvages du monde, et Polokwane, où vit l’homme le plus recherché du monde en matière de trafic de corne de rhinocéros : le millionnaire Dawie Groenewald. Pour rencontrer cet organisateur de safaris et ex-membre de la police, le photographe Brent Stirton et moi traversons à vive allure une superbe chaîne de montagnes. Mais, à la nuit tombée, quelqu’un a mis le feu à du goudron répandu sur la ligne centrale de l’autoroute. Nourries par les tensions économiques et ethniques, des actions de protestation de ce genre secouent encore l’Afrique du Sud plus de vingt ans après la fin de l’apartheid. Nous louvoyons pour éviter les flammes. Au bout de 1 km, nous tombons sur un embouteillage et une barricade improvisée. Brent descend de sa voiture pour déplacer les plus gros rochers, tandis que je surveille les alentours. Nous franchissons l’obstacle sous une pluie de pierres lancées par des mains invisibles depuis le bas-côté.

Nous passons la nuit dans un motel froid et humide. Le lendemain, suivant les instructions de Groenewald, nous attendons dans une station-service l’arrivée de son émissaire, Leon van der Merwe. Nous suivons celui-ci pendant vingt minutes le long d’une propriété à la clôture parfaitement entretenue, avant d’atteindre un portail électrique. De l’autre côté, debout dans l’allée, nous attend Dawie Groenewald – surnommé « le boucher de Prachtig » pour ce qu’il est réputé avoir fait à des rhinocéros sur sa propriété de chasse éponyme (prachtig signifie « beau », en hollandais). Dawie Groenewald et dix autres personnes, baptisés le « gang Groenewald » par la presse d’Afrique du Sud, font l’objet de 1 872 chefs d’accusation : abattage illégal de rhinocéros, décornage illégal, trafic de corne de rhinocéros, racket, blanchiment d’argent, etc. Dawie Groenewald et son frère Janneman sont mis en examen aux États-Unis pour avoir dupé une douzaine de chasseurs américains, en leur faisant abattre des rhinocéros à Prachtig illégalement. La justice américaine réclame leur extradition. En République tchèque, des enquêteurs ont établi un lien entre Groenewald et un gang de trafiquants de corne de rhinocéros. Ils ont découvert que des cornes expédiées au Viêt Nam provenaient d’animaux abattus par des chasseurs tchèques à Prachtig. Groenewald nie avoir eu connaissance du but de ces chasses.

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La fin des rhinocéros ?

Près de 70 % des 29 500 rhinocéros restant sur terre sont en Afrique du Sud. Avant le XIXe siècle, on en recensait des centaines de milliers rien qu’en Afrique. L’animal est présent sur deux continents et compte cinq espèces : rhinocéros blanc (20 400 individus), noir (5 250), unicorne de l’Inde, de Sumatra et de la Sonde. Selon l’Association sud-africaine des propriétaires privés de rhinocéros, 6 200 rhinocéros du pays appartiennent à des particuliers et font l’objet d’un usage commercial – safaris-photos, chasses légales, production de corne et reproduction. La corne de rhinocéros est l’appendice le plus précieux et le plus cher du monde sur un marché exotique qui prise les singularités de la nature : ivoire d’éléphant, pénis de tigre, queue de girafe. La corne du rhinocéros, à la différence de celle de nombreuses espèces (y compris les bovidés), n’est pas constituée d’os, mais de kératine, une protéine également présente dans nos cheveux et nos ongles. Et, une fois coupée, elle repousse. La vente de corne de rhinocéros est illégale. Mais, en Afrique du Sud, vous avez le droit de couper la corne si vous disposez d’un permis. Tous les ans ou tous les deux ans, les éleveurs anesthésient leurs bêtes, et coupent jusqu’à 2 kg de corne par animal. Les cornes sont mises en lieu sûr, en attendant la légalisation de la vente.

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Un trafic florissant

En 2016, le trafic d’espèces menacés en engendré plus de 20 milliards de dollars

Le trafic de corne de rhinocéros alimente surtout le Viêt Nam et la Chine. Là, la corne est réduite en poudre et ingurgitée pour traiter toutes sortes de maux, du cancer aux morsures de serpent. Selon Dawie Groenewald, la corne de rhinocéros blanc se vend jusqu’à 5 800 euros le kilo au marché noir en Afrique du Sud. Mais, en Asie, les prix de gros sous le manteau sont cinq à dix fois plus élevés. Et les prix au détail atteignent des sommes astronomiques. Pour le braconnier mozambicain qui franchit la frontière sud-africaine et se glisse dans le parc national Kruger avec une kalachnikov, les 10 kg de corne d’un rhinocéros mâle sont la promesse d’une vie nouvelle. Mais ce braconnier est lui- même exploité par ceux qui lui fournissent son arme. Et il risque d’être abattu par les autorités – ce qui est arrivé à 500 braconniers mozambicains dans le parc Kruger entre 2010 et 2015. Le braconnage des rhinocéros a atteint des proportions désastreuses lors de la dernière décennie.

En 2007, l’Afrique du Sud annonçait la perte de 13 rhinocéros ;

puis de 83 en 2008 ;

et de 1 175 en 2015.

Dans le parc national Kruger, où vivent quelque 9 000 rhinocéros, les braconniers en tuent 2 ou 3 par jour.

Le massacre ne se limite pas à l’Afrique. En avril dernier, un gros rhinocéros unicorne a été abattu dans le parc national de Kaziranga, en Inde. Quelques heures plus tôt, le duc et la duchesse de Cambridge étaient sur place pour promouvoir la protection des espèces. Un rhinocéros blessé ne mugit pas. Il entonne une sorte de mélopée funèbre. Une mère atteinte d’une balle lance des appels douloureux, qui parfois attirent son petit effrayé. Les braconniers couperont alors la colonne vertébrale du jeune rhinocéros à la machette (pour économiser une balle) et prélèveront aussi sa corne. « C’est une guerre, dit Xolani Nicholus Funda, chef des gardes du parc national Kruger, théâtre de l’essentiel du braconnage. On se sent frustré. La guerre du rhinocéros, c’est comme pour la drogue. Il y a beaucoup d’argent et de corruption en jeu. L’ensemble du système judiciaire est vraiment frustrant. Nous perdons des procès. […] Nous sommes entourés de postes de police que nous ne considérons même pas comme des postes de police, parce qu’ils sont de mèche avec les braconniers. »

Bataille à Johannesburg

Le commerce international de corne de rhinocéros a été interdit en 1977 par les pays adhérant à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). Mais cela ne s’applique qu’au commerce entre pays. Et il y a une exception, dont les trafiquants ont profité : l’exportation de la corne d’un rhinocéros blanc abattu avec un permis de chasse sportive est légale – c’est alors un « trophée ». A partir de 2003, des trafiquants vietnamiens se sont enregistrés auprès d’organisateurs de chasse sud-africains pour abattre des rhinocéros dont ils prenaient la corne. Un gang basé au Laos a même enrôlé des prostitués, pour jouer le rôle des chasseurs. De retour au pays, les cornes étaient revendues au marché noir. L’Afrique du Sud a alors durci les règles : prises limitées à un rhinocéros par chasseur et par an ; présence obligatoire d’un observateur officiel ; refus de permis pour les chasseurs du Viêt Nam ; marquage par puce électronique de chaque corne, avec enregistrement de la signature ADN dans une base de données à Pretoria.

Mais le trafic a continué. L’interdiction internationale contenait une autre faille qui échappait à la Cites : la vente de corne restait légale au sein de l’Afrique du Sud. En 2008, Marthinus van Schalkwyk, ministre de l’Environnement et du Tourisme, a annoncé un moratoire sur cette autorisation pour « freiner la hausse du commerce illégal de corne de rhinocéros » et « tenter de contenir le braconnage ». Ce moratoire est devenu effectif en 2009. La vente de corne d’animaux d’élevage réduirait le braconnage, assurent pourtant Dawie Groenewald et l’éleveur John Hume. Ce que réfute Allison Thomson, directrice de l’association anti-légalisation Outraged South African Citizens Against Poaching : « Les forces de l’ordre, qui ont traité près de 1 000 arrestations en 2015 pour seulement 61 condamnations, sont déjà surchargées. Une pression accrue pour surveiller un commerce légal rendrait la répression quasiment impossible, c’est certain, et permettrait une fois encore aux gangs d’écouler plus de cornes sur le marché international. » Johannesburg devait accueillir la conférence trisannuelle de la Cites en septembre 2016. En 1997, l’Afrique du Sud avait proposé de lever l’interdiction du commerce international de corne de rhinocéros en se prévalant de son système juridique capable de garantir un commerce contrôlé qui « réduira les prix et les activités du marché noir ». La tentative avait échoué.

L’histoire le montre : la levée d’une interdiction sans mesures anti-corruption et anti-criminalité appropriées peut être désastreuse. En 2007, la Cites a suspendu l’interdiction du commerce international d’ivoire d’éléphant, et a autorisé quatre pays (Botswana, Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe) à en vendre 100 t à la Chine et au Japon. La vente a eu lieu en 2008. Elle devait inonder le marché asiatique, mettant sur la touche les négociants illégaux. C’est le message contraire qui a été reçu : les affaires reprenaient ! Le braconnage des éléphants d’Afrique a atteint dès lors des niveaux inédits (plus de 30 000 animaux abattus par an entre 2010 et 2012), et le massacre se poursuit. Certains craignent désormais que l’Afrique du Sud, pressée par son industrie de l’élevage, ne propose une nouvelle fois à la Cites de lever l’interdiction du commerce international de corne de rhinocéros. « Nous avons fait tout notre possible [pour que cesse le braconnage], a déclaré Edna Molewa, ministre sud-africaine de l’Environnement au Mail & Guardian durant la conférence de la Cites à Bangkok, en 2013. Mais recommencer la même chose chaque jour ne fonctionne pas. » En mai 2016, l’Afrique du Sud a cependant annoncé qu’elle ne proposerait pas de lever l’interdiction. Mais, peu après, le Swaziland, un petit pays coincé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, s’en est chargé.

Carnage à Prachtig

Dawie Groenewald nous mène à une longue table, dans le pavillon central de Mataka, son ranch d’élevage de gibier de chasse exotique. C’est la plus petite de ses deux propriétés – 750 ha situés à 200 km au sud de Prachtig. Il y possède deux hélicoptères rutilants, une écurie de chevaux arabes et des hectares de terrain réservés à des animaux de prix, y compris des rhinocéros, qu’il me montrera plus tard. Groenewald a créé Mataka en 2012, deux ans après son arrestation, mais n’en a pas pour autant stoppé ses activités de chasse à Prachtig. Il a créé une société, Wild Africa Hunting Safaris, pour remplacer l’originale, Out of Africa Adven- turous Safaris. Il se montre très confiant sur ses chances devant les tribunaux sud-africains et américains. Et il n’a pas tort. En Afrique du Sud, son dossier pénal est gelé depuis une procédure civile engagée par un éleveur de gibier nommé Johan Krüger, qui vit dans le voisinage. Celle-ci conteste la constitutionnalité du moratoire sud-africain sur le commerce de corne de rhinocéros, ainsi que de la plupart des délits liés aux rhinocéros qui valent des poursuites pénales à Groenewald.

Johan Krüger n’est impliqué dans aucun des délits pour lesquels Groenewald est poursuivi. Il n’est pas le véritable plaignant. Et ce n’est pas lui qui paie les frais de justice. « C’est moi », affirme Groenewald avec emphase. Krüger n’a pas répondu aux demandes de rencontre de National Geographic, mais il y a bien des raisons de croire Dawie Groenewald. Les deux ont été dans le business des buffles ensemble ; ils chassent ensemble ; une photo de Johan Krüger est parue dans les brochures de chasse de Groenewald ; et l’avocat de Krüger est aussi celui de Groenewald. Les accusations de la justice sud-africaine contre Groenewald se fondent sur une descente effectuée en septembre 2010 à Prachtig par une unité d’élite de la police, les Hawks (« Faucons »). Markus Hofmeyr, directeur du service vétérinaire des parcs nationaux d’Afrique du Sud, était présent. Lui et une équipe de spécialistes anesthésiaient des rhinocéros de Groenewald pour prélever des échantillons de tissus et de sang. Vingt-neuf rhinocéros ont été repérés, et vingt- six anesthésiés avec des fléchettes. Dans une déclaration sous serment, Markus Hofmeyr décrit ce qu’il a vu à Prachtig : « Tous les rhinocéros que nous avons anesthésiés avaient eu la corne coupée, parfois au niveau du point de croissance. La corne de certains rhinocéros avait visiblement été coupée à la tronçonneuse ou avec un outil similaire. » Couper une corne trop près de son point de croissance est douloureux pour l’animal et provoque des saignements. Markus Hofmeyr avance que certaines cornes avaient été ôtées « en insérant un couteau et en décollant la zone d’attachement de la corne de la base du squelette, ou en exerçant une grande pression et en arrachant la corne de sa base ».

Selon Groenewald, les Chinois « n’aiment pas les pièces décornées ». Aussi coupe-t-il la corne de ses rhinocéros à seulement 8 cm du crâne. A Prachtig, les enquêteurs ont aussi trouvé en plusieurs endroits des restes brûlés de carcasses et de dix-neuf crânes de rhinocéros – tous dépourvus de leur corne. Six ans plus tard, la scène hante encore Hofmeyr. « La chose la plus traumatisante pour moi, ça a été la vision de cette fosse avec les rhinocéros morts. Il est très possible qu’il [Groenewald] s’en tire. Ça en dit long sur l’état de notre système judiciaire. » Dans le ranch de Groenewald, Hofmeyr a aussi reconnu des rhinocéros qu’il avait aidé à capturer dans le parc national Kruger. L’éleveur « a offert les meilleurs prix, et comme il n’y avait aucune condamnation [à son encontre], selon nos lois d’adjudication, nous ne pouvions pas ne pas les lui vendre ».

Grâce à la vente d’animaux sauvages au secteur privé, le parc finance des projets de protection spécifiques, précise Markus Hofmeyr. Et, même si des rhinocéros sont vendus à des organisateurs de safaris, ils ont une chance de se reproduire, ce qui augmente leur nombre total. Chacun reconnaît d’ailleurs que la reproduction du gros gibier pour la chasse a contribué à sauver les rhinocéros blancs de l’extinction, au début du XXe siècle. Après avoir vu ce qu’il a vu, assure Hofmeyr, « il faut beaucoup de temps pour s’en remettre, pour refaire confiance aux gens. On se dit : est-ce que je fais partie de ça ? J’ai capturé cet animal et je l’ai mis dans cette fosse ». Il préfère considérer le tableau général – les animaux qu’il a aidé à transférer ailleurs. « Je dirai que 75 % d’entre eux sont encore vivants et se reproduisent. Au bout du compte, cela me permet d’accepter plus facilement de telles situations. » Groenewald a acheté plus de trente rhinocéros au parc Kruger. Il affirme que le parc national a fixé les prix selon la longueur de chaque corne : « Ils voulaient que les gens les chassent. » Qui achète les cornes de rhinocéros sud- africains ? Groenewald n’en fait pas mystère, et étire le coin de ses yeux avec ses index. « Ces gens m’appelaient tout le temps. Parce qu’ils veulent des cornes. Des cornes. Des cornes. Ils n’en trouvent pas chez moi ? Ils en trouveront ailleurs. — Des Chinois ou bien des Vietnamiens ? demande Brent Stirton. — Les deux. Si leurs yeux sont bridés, ils veulent de la corne. »

L’opération crash

En juin 2011, Johan Joost, colonel des Hawks sud-africains, a envoyé un courriel au Service de la pêche et de la vie sauvage des États-Unis (USFWS). Il souhaitait interroger plusieurs Américains ayant chassé le rhinocéros avec Dawie Groenewald en Afrique du Sud. La mission a échu à David Hubbard, du bureau de San Antonio (Texas). Il avait aidé à l’arrestation de Groenewald après que celui-ci avait envoyé aux États-Unis un léopard naturalisé, abattu en Afrique du Sud sans permis. Le client de Groenewald était un plombier texan. Il avait tué le léopard en 2006. Mais Groenewald ne disposait pas de permis de chasse au léopard cette année-là. La procédure d’entente relative au plaidoyer (ou « plaider coupable ») qu’il a signée signale que son nom n’apparaît qu’en 2008 pour une demande de permis de chasser le léopard. Dawie Groenewald a été arrêté par l’USFWS en janvier 2010, au cours d’une visite à son frère Janneman. Celui-ci était directeur commercial de la filiale américaine de leur entreprise de chasse (depuis lors, Janneman est reparti en Afrique du Sud). Dawie Groenewald a plaidé coupable. Il a été condamné à une peine de prison équivalente à sa détention provisoire (huit jours), à rembourser 7 500 dollars à son client et à une amende de 30 000 dollars. « Comment peuvent-ils me facturer un léopard abattu chez moi ? demande Groenewald, encore furieux. Je ne l’ai pas volé. Je ne l’ai pas tué chez un autre. Il est à moi. » Selon les dires de Groenewald, le léopard a été abattu en toute légalité en 2008. Mais, en page 13 de la brochure 2006-2007 de sa société, une photo montre le plombier texan tenant le félin.

En 2011, David Hubbard était persuadé que Dawie Groenewald se livrait encore au trafic d’animaux sauvages. Une douzaine d’Américains ayant participé à des safaris avec la société de Groenewald lui avaient raconté la même histoire : ils n’avaient pas l’intention de chasser le rhinocéros, mais, à leur arrivée à Prachtig, Groenewald leur avait parlé d’un animal « problématique » qu’il fallait abattre, et leur avait réclamé 10 000 dollars en moyenne (bien moins que pour une chasse légale). Les Américains avaient eu le droit de photographier leur proie – et c’est tout ce qu’ils avaient pu rapporter. Groenewald conservait les cornes. David Hubbard a lancé sa propre procédure, baptisée Opération Crash (en anglais, un groupe de rhinocéros est appelé « crash ») et menée dans plusieurs pays sous la direction de l’USFWS. L’opération, encore en cours, est l’une des plus fructueuses jamais diligentées par l’agence. Elle a révélé l’implication, entre autres, d’antiquaires, de maisons d’enchères, d’un gang irlandais et d’un ex-associé du cartel de Medellin dans le trafic de corne de rhinocéros aux États-Unis, en Europe, en Asie et en Afrique. Résultats en juillet 2016 : 30 condamnations, 405 mois de prison, 75 millions de dollars de biens saisis.

Johan Marais, un vétérinaire, va essayer un nouveau traitement (des bandes de caoutchouc utilisées en chirurgie humaine) pour obturer le trou béant sur le nez d’une femelle rhinocéros à qui des braconniers ont extirpé au couteau la corne. Il se dit confiant : « Elle se remet très bien. Elle a ce courage propre à l’espèce. »