CHASSE EN BOITE

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Une chasse aux trophées cruelle

Le terme de chasse en boîte est assez peu connu en France. A moins d’être tombé dessus par hasard ou de s’être renseigné sur les différents types de chasse, il y a peu de chance que vous soyez au courant de son existence. J’ai d’ailleurs moi-même découvert cette pratique il y a peu dans une émission à la TV.

La chasse en boîte consiste à chasser un animal sauvage, qui aurait en fait été domestiqué par l’homme dans l’unique but de mourir chassé. Très répandus en Afrique du Sud, on y trouve des élevages entiers de lions ainsi que d’autre espèces, qui attendent la mort dans des conditions particulièrement inadaptées à leur mode de vie.

Cette pratique, légale en Afrique du Sud, existe dans l’unique but d’organiser une mise à mort de l’animal par de riches chasseurs qui payent parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros pour ramener « vaillamment » la dépouille de l’animal chez eux. Autant dire que l’animal aillant été habitué à l’homme toute sa vie ne comprend pas ce qui lui arrive. Il est relâché une demi-journée dans un grand terrain privé, il est pisté puis tué sans aucune chance de survie. Les fauves sont parfois même sédatés pour être certain qu’ils ne partent pas trop loin et qu’ils n’opposent pas trop de résistance durant la chasse.

La lâcheté de ce procédé transforme l’animal en objet de consommation. Il finit sur le mur d’un riche homme d’affaire venant d’Amérique ou d’Europe qui ornera son salon de son trophée macabre.

L’horreur de la chose mise de côté, l’absurdité de cette pratique est révélée lorsque l’on apprend que 80% des lions sauvages ont disparu en 20 ans et qu’ils ont totalement disparu dans 26 pays pays d’Afrique. Cette chasse peu scrupuleuse n’aide en rien cette espèce en voie de disparition, puisque les élevages de fauves ne se privent pas de capturer de nouveaux lions de temps à autre pour éviter la consanguinité au sein de leur élevage.

La «chasse en boîte», également appelée chasse close ou chasse en cages, est une chasse aux trophées dans laquelle les animaux sont maintenus dans un enclos à la merci des chasseurs. Cette chasse est dénoncée par les défenseurs des animaux pour sa cruauté. Mais elle est aussi décriée par la majorité des chasseurs, qui estiment qu’elle dévoie le véritable esprit de la chasse, en ôtant un élément fondamental : la possibilité pour l’animal de s’échapper. En effet, outre le fait d’être tenues prisonnières, les proies ont souvent été élevées par l’homme et ne s’en méfient pas. Il est alors très facile de les abattre. Cette chasse existe dans de nombreux pays et touche différentes espèces mais aujourd’hui, ce sont bien les lions qui en sont les grandes victimes, avec seulement 20.000 individus à l’état sauvage en Afrique.

la mort à un prix, celui du sang

LE PRIX DE LA MORT
LION32 000 €
RHINOCÉROS BLANC115 000 €
ÉLÉPHANT 38 000 €
GIRAFE 5 500 €
ZÈBRE 3 000 €
HIPPOPOTAME 9 000 €
PHACOCHÈRE 650 €
LÉOPARD 32 000 €
CROCODILE6 500 €

A titre d’exemple: En Tanzanie par exemple, 44% des revenus du tourisme de chasse vont dans la poche du gouvernement, selon un rapport de Vernon Booth, spécialiste de la gestion de la faune africaine. Joe Hosmer et Larry Rudolph, deux responsables du Safari Club International, estimaient de leur côté en 2011 que les trophy hunts rapportaient 100 millions de dollars (91 millions d’euros) en Afrique du Sud et près de 29 millions (26,5 millions d’euros) en Namibie.

Cependant, les populations ne semblent pas voir la couleur de ces bénéfices financiers. Plusieurs études depuis 2008 estiment que seuls 3% environ des revenus créés par les trophy hunts atteignent l’économie locale et les communautés vivant sur place : la majeure partie va aux firmes et agences gouvernementales. Ces dernières sont censées les transférer à des fonds créés pour financer la conservation des espèces sauvages.

Qui sont les animaux africains les plus convoités par les chasseurs de trophées ?

Le monde entier s’est ému de la mort du lion Cecil, la coqueluche d’un parc national au Zimbabwe tuée par un dentiste américain. Un drame animal qui avait mis en lumière la pratique de la chasse au trophée (qui peut être légale ou non comme dans le cas de Cecil) dans les parcs africains. Les permis de chasse sont attribués pour abattre un animal précis qui met en danger la vie du parc. La pratique a pris son essor en Afrique du Sud dans les années 60.

Mais si le lion est l’une des proies parmi les plus recherchées par les Ernest Hemingway en herbe d’aujourd’hui, d’autres animaux sont également très convoités par les chasseurs de trophées. Le permis le plus onéreux à obtenir est celui nécessaire pour abattre un rhinocéros blanc. Il faut débourser environ 125.000 dollars pour avoir la chance de tuer l’un des individus de cette espèce au bord de l’extinction, nous apprend le New York Times.

Autre membre du Big five – les cinq animaux les plus recherchés par les touristes dans les parcs nationaux – , l’éléphant, qui n’est pas menacé d’extinction immédiate comme le rhinocéros, mais qui lui aussi est la cible des braconniers pour son ivoire. Un chasseur doit débourser en moyenne entre 35.000 et 60.000 dollars pour chasser un pachyderme. C’est un peu plus que pour un léopard, autre espèce très menacée. Une partie de chasse avec ce roi du camouflage qui aime surveiller ses proies depuis les branches des arbres coûte entre 15.000 et 35.000 dollars.

Enfin, pour ceux qui n’auraient pas les moyens de se payer l’un de ces prestigieux trophées, il reste toujours le buffle. L’animal n’est pas beau, mais il s’agit de la chasse considérée comme la plus dangereuse par les specialistes. En cas de danger – souvenez-vous du dessin animé du Roi lion – les buffles chargent en effet en masse et mieux vaut ne pas se trouver en face d’une horde déchaînée.

lions

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En 2014, le nombre de Lions en Afrique du Sud était estimé entre 5000 et 8000, dont plus de 75% étaient élevés en cage pour la chasse.

On peut noter que ce genre de ferme met tout en place pour augmenter ses profits ; ils séparent les petits de leur mère très tôt, pour augmenter la reproduction. Ensuite, ces jeunes fauves sont nourris au biberon et sont mis à la disposition des touristes qui peuvent ainsi les caresser pour quelques billets, ignorant totalement le sort funeste qui leur est réservé.

Les lions ne sont pas les seules victimes de cette chasse pour le moins injuste. En effet, en Afrique il existe aussi des chasses en boîte pour les éléphants, les rhinocéros, les léopards et les buffle, ces cinq animaux formant ce que la chasse appelle les Big Five : les cinq mammifères africains qui rapportent un « trophée » dans le cadre de la chasse. Ce trophée étant la crinière, les défenses, la tête, la peau ou les cornes en fonction de l’animal. La pratique de la chasse en boîte est une dérive de la chasse au Big Five qui est très courante en Afrique.

Une pratique lucrative difficile à contrer

En 2007, une loi a été votée en Afrique du Sud pour enrayer le phénomène en exigeant notamment que les grands prédateurs et les rhinocéros puissent vivre libres pendant deux ans avant d’être chassés, limitant sévèrement les affaires des éleveurs et la rentabilité des chasses. La loi interdisait également que des tranquillisants soient administrés aux animaux avant les chasses.

Mais elle a été annulée en novembre 2010 par la cour suprême locale. Aujourd’hui, les initiatives contre la chasse close sont timides dans ce pays, alors que le nombre de ces chasses a grimpé en flèche.

Des associations spécialisées estiment qu’il suffirait d’interdire l’importation des trophées d’animaux sauvages dans l’Union européenne et aux Etats-Unis pour porter un coup fatal à cette industrie. Les manifestations qui auront lieu le 15 mars 2014 visent justement en partie à informer le public et les législateurs de cette nécessité.

Il y a quelques années à San Antonio, au Texas, un Américain a offert sur son site internet de pouvoir tuer un animal via un dispositif en ligne. Cette pratique a été interdite dans 34 Etats américains mais a encore cours illégalement, et n’en demeure pas moins un exemple glaçant de ce que pourrait devenir la chasse aux lions en boîte s’il n’y est pas mis un terme.

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Des lions vendus pour être abattus

Chaque année, de riches touristes venus d’Europe ou des États-Unis sont prêts à payer plusieurs milliers d’euros pour avoir la garantie de tuer un lion et de ramener chez eux une partie de sa dépouille. Ces chasseurs de trophées sont attirés par la facilité de cette chasse et par son prix. Selon Patrick Barkham, parti enquêter dans une de ces immenses propriétés d’Afrique du Sud où sont élevés pour la chasse des lions, des springboks et des crocodiles, un lion sauvage abattu lors d’un safari en Tanzanie peut coûter 50.000 livres sterling (60.725 euros), contre 5.000 livres sterling (6.072 euros) pour un spécimen élevé en captivité en Afrique du Sud. Pour répondre à cette demande et à celle de la médecine traditionnelle asiatique, friande d’os de lions depuis que la vente d’os de tigres est interdite – en 2009, «seulement» cinq squelettes de lions avaient été exportés d’Afrique du Sud au Laos, contre 496 en 2011 –, des fermes de plus en plus nombreuses font naître des lionceaux qui une fois adultes, seront vendus pour être tués.nouvelles-griffes-290x300

Des méthodes immorales et indignes

En réalité, il y a aujourd’hui en Afrique du Sud plus de lions en captivité – plus de 5.000 –, qu’à l’état sauvage – 2.000 individus – et cette tendance s’aggrave. La baisse de 80% en 20 ans des effectifs dans la nature montre bien que la croissance des fermes ne protège en aucun cas les lions sauvages. Au contraire, des prélèvements réguliers de lions libres sont nécessaires pour éviter la consanguinité dans les fermes, et les chasseurs de trophées qui commencent par tuer un lion élevé en captivité souhaitent souvent chasser ensuite un véritable animal sauvage. Parfois, ce sont même des lions nés dans des cirques ou des zoos européens qui sont vendus pour apporter de nouveaux gènes aux élevages. Leur crinière foncée en fait des spécimens très recherchés et payés à très haut prix.

Ainsi, en 2010, l’association Four Paws a sauvé deux lions âgés de trois ans provenant du zoo français African Safari Parc, à proximité de Toulouse. Ces derniers devaient être vendus à un acheteur sud-africain. Les lions récupérés vivent aujourd’hui tranquilles dans la réserve de Lionsrock ainsi que 33 autres de leurs congénères arrivés en 2016 au Emoya Big Cat Sanctuary. Interviewée par Patrick Barkham, la fille de l’éleveur Van Der Merwe pourrait presque faire rêver quand elle décrit son quotidien dans une famille d’amoureux des animaux : «Nous avons été élevés avec des lionceaux, c’est agréable. Ils sont comme des bébés et quand ils sont très petits, ils se promènent dans la maison et vous suivent». Mais cajoler des bébés animaux, puis les vendre pour être tués par des chasseurs tranquillement installés dans leur camion est une pratique tout simplement immorale et indigne de l’humain. Malheureusement elle reste très lucrative, bien qu’elle soit totalement légale en Afrique du Sud.

Magazine N°10

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En 2014, le nombre de Lions en Afrique du Sud était estimé entre 5000 et 8000, dont plus de 75% étaient élevés en cage pour la chasse.

On peut noter que ce genre de fermes met tout en place pour augmenter ses profits ; ils séparent les petits de leur mère très tôt, pour augmenter la reproduction. Ensuite, ces jeunes fauves sont nourris au biberon et sont mis à la disposition des touristes qui peuvent ainsi les caresser pour quelques billets, ignorant totalement le sort funeste qui leur est réservé. Les lions ne sont pas les seules victimes de cette chasse pour le moins injuste. En effet, en Afrique il existe aussi des chasses en boîte pour les éléphants, les rhinocéros, les léopards et les buffles, ces cinq animaux formant ce que la chasse appelle les Big Five : les cinq mammifères africains qui rapportent un « trophée » dans le cadre de la chasse. Ce trophée étant la crinière, les défenses, la tête, la peau ou les cornes en fonction de l’animal. La pratique de la chasse en boîte est une dérive de la chasse au Big Five qui est très courante en Afrique.

La chasse en boite, une nouvelle attraction touristique en Afrique du Sud

canned_hunting_by_liljalene-d6s852dMalgré la barbarie de ce « divertissement », la chasse au trophée n’en demeure pas moins attirante pour ces touristes fortunés en manque de distractions. Rien de mieux sans doute que de passer ses vacances à chasser de pauvres animaux sans défense. Aucun mérite ne leur est attribué si ce n’est d’avoir la fierté de pratiquer ce genre d’activité. Car oui, ces touristes sont fiers de leur prouesse et se congratulent sans gêne. Ils sont satisfaits d’avoir tiré sur un animal sans défense que l’on a mis en boite dès son plus jeune âge. Ces lions élevés en captivité dans des cirques, zoos ou fermes ne se méfient plus des hommes et finissent en trophée comme sur les photos. Des agences de voyage n’hésitent d’ailleurs plus à mettre ce genre d’images en avant pour présenter leurs tours, qu’ils vendent à près de 30 000€. Ce sont donc près de 300 lions tués légalement en Afrique chaque année pour un plaisir égoïste de l’humain en manque de reconnaissance de force. Cette étrange attraction touristique reste honteusement légale dans cette partie de l’Afrique. Malgré une loi visant à réglementer ce genre de chasse, aucune autre n’est en vue pour l’abolir. Cette chasse profite aux autorités locales qui en retirent des bénéfices non négligeables et à l’état sud africain qui en extrait d’importantes taxes. Cette activité est donc loin de disparaître.

Méthodes de lutte contre les chasses en boite

De nombreuses associations et ONG tentent de mettre fin à ces pratiques ignobles, mais il est très difficile de lutter contre ce fléau. L’ information auprès du public et le fait d’envahir internet de messages de lutte contre de telles pratiques sont déjà une bonne chose, cela dissuade certains de passer à l’acte. Mais le plus gros du travail se fait sur place, à tenter de faire changer les lois à ce sujet afin de mettre fin aux chasses en boite.

Voici une liste de quelques associations et ONG qui luttent activement contre ces pratiques:

Magazine LES FELINS N°10

Dossier sur la disparition des grands félins de notre planète.

Enquête spéciale sur la chasse en boite & les fermes à caresses


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