Afrique du Sud : la vente de cornes de rhinocéros a débuté

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La vente de cornes de rhinocéros qui fait polémique en Afrique du Sud a finalement débuté avec quelques jours de retard.

Par Sciences et Avenir avec AFP le 23.08.2017

Même si elle a pris du retard, la vente aux enchères en ligne de cornes de rhinocéros a bien lieu. Celle-ci a débuté le 23 août 2017 après l’échec des efforts des autorités sud-africaines pour bloquer cette initiative, et doit se poursuivre jusqu’au 25 août. En effet, Pretoria a refusé pendant un temps de remettre le permis de vente à John Hume, le principal éleveur de rhinocéros au monde et organisateur de l’évènement, ce qui a retardé le début de la vente. Mais ce dernier a saisi en urgence vendredi 18 août 2017 la justice. Et la Haute Cour de Pretoria lui a finalement donné raison.

Les cornes ne peuvent normalement pas quitter le territoire sud-africain

La vente, très controversée dans le pays, est possible car la justice sud-africaine a levé définitivement en avril 2017 le moratoire sur le commerce intérieur de cornes de rhinocéros. Cependant, le commerce international reste interdit. Normalement, les 264 cornes placées aux enchères ne pourront donc pas quitter le territoire. Dans ces conditions, qui est susceptible d’en acheter aux enchères ? « Des spéculateurs de matières premières qui anticipent » une levée de l’interdiction, explique à l’AFP Pelham Jones, à la tête de l’association sud-africaine des propriétaires privés de rhinocéros. Et « des Sud-Africains d’origine asiatique qui utilisent de la corne« , ajoute-t-il.

Mais le marché intérieur est limité, font remarquer des organisations de défense des animaux, qui craignent que les cornes ne viennent alimenter le marché noir. « Il n’y a pas de vérification spécifique en place pour s’assurer que les cornes de rhinocéros ne vont pas se retrouver sur le marché noir« , affirme Joseph Okori, président pour l’Afrique australe du Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw).

Le gouvernement sud-africain n’a pas dit son dernier mot

Une fois qu’ils auront acheté des cornes, les clients devront encore obtenir un permis, remis aussi par le gouvernement. L’ONG Humane Society a lancé une pétition appelant Pretoria à ne pas produire ces documents. « Tout commerce intérieur de cornes de rhinocéros sape les efforts visant à réduire la demande afin de combattre le trafic d’animaux sauvages dans le reste de l’Afrique, en Chine et au Vietnam« , estime Humane Society. Le gouvernement sud-africain a refusé jusqu’à présent de se prononcer publiquement sur la question des permis d’achat. Par la voix de sa ministre de l’Environnement, Edna Molewa, il a toutefois assuré tout faire pour identifier les « failles qui permettraient de contourner les réglementations » du commerce international des espèces menacées.

Des animaux élevés pour leur corne

Les rhinocéros sont victimes d’un braconnage à grande échelle, tués pour leurs cornes, pourtant composées de kératine comme les ongles humains. Ecrasées et transformées en poudre, elles sont utilisées dans la médecine traditionnelle asiatique. Certains éleveurs comme John Hume proposent donc à la vente, depuis la levée du moratoire, des cornes récupérées sur des pachydermes régulièrement décornés après avoir été anesthésiés en plein air par un vétérinaire. La procédure est considérée comme indolore par les spécialistes.

Avec ces enchères, « on espère éviter que des rhinocéros soient braconnés pour leurs cornes (….) et débloquer des fonds pour financer la reproduction et la protection des rhinocéros« , explique John Hume sur son site. Mais les associations de protection des animaux ne croient guère à l’efficacité de cette méthode. Elles pensent au contraire que les ventes légales vont exacerber le braconnage.

BRACONNAGE & TRAFIC              FAUNE A CHAUD               BIODIVERSITE