Afrique du Sud : la vente de cornes de rhinocéros aura bien lieu

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La justice sud-africaine a tranché : la vente aux enchères de cornes de rhinocéros qui doit se tenir en ligne est légale. Les autorités sud-africaines sont tenues de remettre à l’organisateur le permis de vente.

Par Sciences et Avenir avec AFP le 21.08.2017

La vente de cornes de rhinocéros aura finalement bien lieu en Afrique du Sud. Selon plusieurs sources concordantes, la justice du pays a donné son feu vert le 20 août pour la tenue de cette vente qui doit se dérouler du 21 au 24 août 2017 en ligne. Les autorités sud-africaines tentaient jusqu’alors de bloquer cet évènement organisé par John Hume, le plus important éleveur de rhinocéros au monde. Pour interdire cette vente qui a créé la polémique dans le pays, Pretoria refusait de remettre le permis de vente à Hume. Mais ce dernier a saisi en urgence vendredi 18 août 2017 la justice. Et la Haute Cour de Pretoria lui a finalement donné raison.

La vente prendra peut-être du retard

« Nous avons perdu l’affaire. Nous devons remettre le permis de vente. La vente va avoir lieu« , a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Environnement, Moses Rannditsheni. L’équipe de John Hume doit donc récupérer le précieux document le plus rapidement possible. « Nous sommes contents. Nous espérons que le gouvernement a compris qu’il ne pouvait pas être injuste à notre égard« , a commenté Izak du Toit, l’avocat de John Hume contacté par l’AFP. Interrogé pour savoir si la vente allait bien débuter le 21 août comme prévu, il est cependant resté prudent. « Nous prendrons une décision » une fois le permis en main, a-t-il ajouté. Pour l’instant, le site affiche un compte à rebours qui inscrit encore plusieurs dizaines d’heures avant la vente. Il se peut donc que celle-ci prenne du retard.

Un élevage légal destiné à la vente de cornes

Cinq cents kilos de corne de rhinocéros environ doivent être proposées aux enchères. Elles proviennent des quelques 1.500 animaux que John Hume possède dans sa ferme en Afrique du Sud. Elles ont été découpées sans blesser les pachydermes, qui ont été anesthésiés pour cette procédure d’une quinzaine de minutes. Par la suite, elles repoussent comme les ongles. En effet, elles sont constituées de kératine, la même matière qui les composent. En Asie, les cornes de rhinocéros sont très prisées. Les médecins traditionnels leur prêtent des vertus thérapeutiques, non prouvées scientifiquement.

Des cornes qui ne peuvent normalement quitter l’Afrique du Sud

Les opposants à cette vente aux enchères redoutent qu’elle ne conduise à l’augmentation du braconnage. De plus, si un changement récent dans la législation sud-africaine permet une vente nationale, le commerce international de vente de cornes de rhinocéros reste interdit. Pourtant, le site est en anglais, en mandarin et en vietnamien. Les associations de protection des animaux accusent donc John Hume de vouloir alimenter le marché noir.

En Afrique du Sud, le trafic de la corne de rhinocéros entraîne le braconnage d’un millier d’entre eux chaque année dans le pays. Un kilo de corne se vendrait au marché noir plus de 60.000 dollars (51.000 euros) le kilo, plus cher que l’or ou la cocaïne. 

BRACONNAGE & TRAFIC              FAUNE A CHAUD               BIODIVERSITE