Animaux sauvages : le cirque en quête d’un nouveau modèle

Après barnum Joseph Bouglione annonce à son tour la fin des numéro d’animaux sauvages. Dans le même temps le cirque contemporain continue de grimper dans un contexte difficile avec les attentats et la baisse des dotations aux collectivités

LES ECHOS.FR – 03 /07 /2017

Coup de tonnerre sous les chapiteaux. Après le célèbre cirque américain Barnum, le Français Joseph Bouglione vient à son tour d’annonçer en mai la fin des représentations avec des animaux sauvages. Depuis quelques années, la pression est allée crescendo pour inciter les cirques à renoncer à ces numéros. Plus de 40 pays les ont interdits. En France, la pétition lancée par «30 millions d’amis » a fait florès.

Jusqu’à présent, les grands cirques opposaient une certaine sérénité à ce concert de critiques, assurant avoir investi pour le bien-être animalier, exigé des dresseurs certifiés, et signé des chartes de protection draconiennes.

14 millions de spectateurs

Une position d’autant plus assumée que les animaux faisaient toujours recette auprès du public, familial et populaire . « Le cirque traditionnel draine 13 millions de spectateurs contre 1 million pour le cirque moderne. Et le Parlement européen a reconnu que le cirque classique fait partie de la culture européenne» martèle le Conseil des sages du cirque français.

D’aucuns, pourtant, voient dans ces premiers renoncements la fin d’une époque. « Ces cirques sont très attentifs à leur business, et s’ils renoncent, c’est qu’ils sentent qu’une partie de leur public ne les suit plus » estime Chloé Beron, à la tête du Centre national des arts en mouvement qui parie même à terme sur une reconversion, le cirque traditionnel se rapprochant alors du cirque contemporain. Ce serait un tournant.

Propositions ciblées

Car depuis des années, ces deux « familles » cohabitent sans guère se fréquenter.  Côté cirque traditionnel, les Bouglione, Grüss et autre Pinder jouent la carte du grand spectacle, avec plusieurs milliers de clients par représentation, une communication rodée et des propositions ciblées ( pour les villes moyennes, les comités d’entreprises). Derrière ces PME à succès, fortes de plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaire, une myriade de petits cirques peinent cependant à survivre, faute de subventions.

Le cirque contemporain, qui se revendique davantage d’affinités avec la danse et le théâtre qu’avec les numéros animaliers est, lui, en plein essor  : 500 compagnies – contre 50 dans le cirque traditionnel-. Mais, faute souvent, d’un succès commercial suffisant, il ne trouve son équilibre que grâce aux fonds publics – scènes nationales, festivals, aides à la créations .

« Les deux cirques connaissent un vrai dynamisme artistique, mais leur économie est fragilisée. Les premiers ont plus de mal à remplir les salles depuis les attentats, les seconds souffrent de la baisse des aides publiques et des dotations aux collectivités» analyse Stéphane Simonin directeur de l’Académie Fratellini.

BRACONNAGE & TRAFIC              FAUNE A CHAUD               BIODIVERSITE