Des chercheurs ont montré qu’il existe 3 sous-espèces de panthère  des neiges

source: Sciences & Avenir / (Panthera uncia). © PureStock/SIPA – 19 Mai 2017

Une équipe de chercheurs déclare que l’espèce Panthera uncia regroupe en réalité trois sous-espèces. Cette découverte pourrait permettre une meilleure protection de ces animaux menacés.

L’arbre phylogénétique des mammifères se complexifie une fois de plus : selon une étude parue le 4 mai 2017 dans la revue Journal of Heredity, il n’existe pas qu’une seule sorte de panthère des neiges (Panthera uncia). En effet, une analyse génétique poussée a permis de découvrir que cette espèce regroupe en réalité trois sous-espèces distinctes. L’équipe de recherche, constituée d’une vingtaine de scientifiques, a prélevé des échantillons de déjections sur l’aire de répartition de ces félins qui recouvre près de 1,6 millions de kilomètres carrés dans pas moins de 12 pays asiatiques.

Un groupe au nord, un à l’ouest et un autre au centre

Grâce à ces prélèvements provenant de 70 animaux différents, les biologistes ont pu étudier l’ADN mitochondrial et 33 séquences microsatellites (portion de l’ADN constitué de motifs répétés). Les résultats obtenus ont permis de révéler trois groupes génétiques : les animaux présents dans le massif montagneux de l’Altaï (nord), ceux évoluant sur le plateau Tibétain et au coeur de l’Himalaya (centre) et enfin, les panthères dont le territoire s’étend sur le massif de Pamir et sur les monts Tian, à l’ouest du continent asiatique. Les chercheurs ont déjà proposé des noms scientifiques pour chaque groupe : Panthera uncia irbis pour le nord, Panthera uncia uncia pour l’ouest et Panthera uncia uncioides pour le centre.

Une espèce considérée comme menacée par l’UICN

Ils estiment que les différences génétiques, le peu de brassage entre les différentes populations et la séparation géographique de chacune d’elles justifient pleinement cette modification de la phylogénie de cette espèce. Les populations de panthères des neiges sont effectivement particulièrement isolées les unes des autres notamment à cause des nombreuses montagnes mais aussi du désert de Gobi.

Pour le docteur Jan Janecka de l’université Duquesne, « définir trois sous-espèces fournit deux bénéfices. Le premier est une meilleure compréhension de l’évolution et de l’écologie de ces animaux. Le second est que cela permet une plus grande flexibilité dans les mesures de conservation car des plans peuvent être développés pour faire face aux difficultés présentes dans une région particulière« . Une révision scientifique bienvenue donc pour une espèce qui reste menacée d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature.

BRACONNAGE & TRAFIC              FAUNE A CHAUD               BIODIVERSITE