Avignon :

Agressé par le chameau d’un Cirque sur le chemin du collège

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La Provence.com: 11 Mars 2017

L’animal appartenant à un petit cirque a mordu et piétiné un adolescent qui se rendait à Jean-Brunet. Choqué, il doit son salut à des passants qui ont fait fuir le camélidé

On a frisé le drame, jeudi dernier, au Clos des Fontaines. Le cirque Olympique, établi sur le parking du stade Gorlier, avait installé sa ménagerie, chameaux, dromadaires, lamas, boeuf américain aux larges cornes, poneys… sur un petit terre-plein bordé par un chemin piétonnier sur l’avenue de la Folie.

Ce matin-là, Adil, 14 ans, était un peu en retard pour se rendre au collège. « Il était 7 h 40, je traçais pour ne pas être en retard. J’étais concentré sur ma journée, un peu dans ma bulle avec mes écouteurs sur les oreilles. Je n’ai pas fait attention à un chameau qui était accroupi dans l’herbe à côté de moi. Tout d’un coup, j’ai senti qu’on me bousculait dans le dos avec violence. Je me suis emmêlé les pieds, suis tombé. C’est alors que j’ai vu l’animal comme fou qui envoyait ses pattes. J’ai levé le bras pour me protéger. Sa gueule a fondu sur moi. Il m’a mordu et piétiné, jusqu’à ce que des promeneurs qui hurlaient, le chassent avec la laisse de leur chien… Ça a dû durer 20 ou 30 secondes. Pour moi, ça a été une éternité », lâche l’adolescent tentant de masquer sa fébrilité, derrière un sourire de rescapé.

« Ça a duré une éternité »

Un bleu énorme sur le bras gauche, des contusions sur tout le corps, Adil, groggy et effrayé, (on le serait à moins) a vite appelé sa famille avant de se rendre au collège où une infirmière lui a prodigué les premiers soins. Ses parents l’ont ensuite conduit chez le médecin. Au programme : radios, prise de sang, examens divers et inquiétude généralisée. À ce jour aucune infection n’a été décelée, même si le chameau est connu pour être vecteur de maladies.

Lorsque son père, Brahim Hachelfi, a souhaité avoir quelques explications et demandé les coordonnés de l’assurance pour réaliser un constat amiable auprès de la direction du cirque, il s’est exposé à une fin de non-recevoir.

« Ils m’ont envoyé bouler en faisant preuve d’une extrême mauvaise foi », explique-t-il. « D’ailleurs le chapiteau a dégagé dans la nuit pour aller s’installer du côté de l’avenue Pierre-Sémard avant de disparaître. Vu le comportement de ces gens, nous avons déposé une plainte en bonne et due forme, auprès du commissariat de Montfavet. »

« Sans surveillance »

Au-delà de l’accident dont les circonstances auraient pu être irréversibles, M. Hachelfi s’interroge sur les mesures de sécurité qui, selon lui, laissent à désirer. « Mon fils est costaud, il fait du rugby. Imaginez-vous s’il s’était agi d’une personne âgée, d’une mère avec sa poussette ? Ces animaux sont laissés sans surveillance. La semaine dernière, c’est un lama qui s’est échappé et qui errait dans les rues du Clos. Et s’il y en a un qui entre collision avec une voiture ? Ce n’est pas sérieux. Je ne suis pas contre les cirques, ça fait de l’animation dans le quartier, ça plaît aux enfants. Mais là quand même, c’est de l’irresponsabilité totale. Sur le terre-plein, dans la journée, des familles entières étaient à côté des animaux. Par chance, il n’y a pas eu d’accident. Il faut que des consignes soient données, que les règles imposées par la ville soient respectées. »

La ville prend l’affaire au sérieux

Côté Ville, justement, Martine Clavel, adjointe aux quartiers Est, prend l’affaire très au sérieux et ne compte pas en rester là. Elle invite la famille Hachelfi à prendre contact avec elle pour les aider dans leurs démarches. Elle précise que « pour l’installation des cirques, toutes les dispositions sont prises par les services. On ne s’installe pas comme ça sur le domaine public. Les assurances sont présentées, les conditions de sécurité (normalement NDLR) appliquées. Il y a un cahier des charges, il doit être respecté. Nous allons les retrouver. Ce type de comportement est inadmissible. »

Contacté par téléphone, le cirque Olympique a indiqué : « Il n’y a pas eu d’incident, c’est une dame qui raconte n’importe quoi, merci, au revoir ».Fin du bref échange.

Ne reste que la trace des dents de l’animal sur l’avant-bras d’Adil… Se plaignant de douleurs aux cervicales, il repassera des examens médicaux et doit rencontrer un psychologue pour évacuer ses angoisses.

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